UN SACRÉ HAMAC ... LE HAMAC SACRÉ DES INDIENS KUNA

Publié le 18 Mai 2017

 en langue Kuna, le HAMAC se dit KACHI

UN SACRÉ HAMAC ... LE HAMAC SACRÉ DES INDIENS KUNA
UN SACRÉ HAMAC ... LE HAMAC SACRÉ DES INDIENS KUNA

Je suis allée à la rencontre des Indiens Kuna des iles San Blas, sur la côte Caraïbe du Panama en Amérique Centrale et je n’imaginais pas que le hamac puisse être un objet sacré……

Depuis la Capitale, j’ai pris place dans un petit avion de 12 places pour l’aérodrome de Atchutupu. Là, Pablo m’attendait, prévenu de mon arrivée et accompagné de son petit fils, nous avons atteint son île, Mamitupu avec sa pirogue.  Pablo était très heureux de savoir que je venais pour rassembler toutes les informations possibles concernant le hamac, et il allait tout mettre en oeuvre pour m’aider dans cette recherche.

En effet, les indiens Kuna  dorment dans leur hamac, mais pas seulement, ils entretiennent une relation très particulière avec leur hamac, de la naissance à la mort, pendant les cérémonies importantes, voire au quotidien.

( ils y naissent, ils y dorment, ils s’y marient, ils y discutent, ils y parlent, ils y chantent, ils y mangent, elles y cousent les molas, ils y meurent )

UN SACRÉ HAMAC ... LE HAMAC SACRÉ DES INDIENS KUNA

LE HAMAC dans la maison

c’est le meuble principal de la hutte, c’est le lit, c’est la chaise, le fauteuil…

Il y en a plusieurs sortes:

- LE HAMAC POUR DORMIR

Dans la hutte pour dormir, les hamacs sont alignés, roulés et accrochés en hauteur la journée pour dégager de l’espace. Le hamac pour dormir est un hamac en tissu souvent industriel, pas très large, acheté sur les bateaux Colombiens de passage, et qui coûte 15 à 20 $. Chacun dort dans son hamac personnel, les bébés ou les enfants  dorment parfois avec leur maman.

UN SACRÉ HAMAC ... LE HAMAC SACRÉ DES INDIENS KUNA
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- LE HAMAC POUR S'ASSEOIR

 peut être un tissu noué, un vieux hamac raccourci ou un vieux filet de pêche, ou encore un grand sac plastique noué…. Utilisé dans la cour, sous un carbet ou dans la cuisine, on s’installe dans ce hamac assis sur le coté  ou à califourchon ou bien adossé aux suspentes du hamac s’il est accroché verticalement

UN SACRÉ HAMAC ... LE HAMAC SACRÉ DES INDIENS KUNA

- LE HAMAC DE CÉRÉMONIE

réalisé sur un métier à tisser vertical demande environ 2 mois de tissage. Aujourd’hui, il y en a de moins en moins, du fait de l’augmentation du prix de la matière première, à savoir le coton,  de la difficulté liée à la fabrication, et du temps de travail.

Alors, ceux qui en possèdent un, le louent à d’autres villageois.

UN SACRÉ HAMAC ... LE HAMAC SACRÉ DES INDIENS KUNA
UN SACRÉ HAMAC ... LE HAMAC SACRÉ DES INDIENS KUNA
UN SACRÉ HAMAC ... LE HAMAC SACRÉ DES INDIENS KUNA

Un article sur le tissage des hamacs Kuna est prévu pour le mois prochain......

LA NAISSANCE DANS UN HAMAC

UN SACRÉ HAMAC ... LE HAMAC SACRÉ DES INDIENS KUNA

< Dar la luz a la casa >

Avant un accouchement, un hamac est préparé tout spécialement pour l’occasion.

Il est coupé en son milieu sur environ 80 cm dans sa longueur.

La femme enceinte s’y installe à califourchon, assise ou le haut du corps allongé. Et là le travail peut commencer.

Lorsque l’enfant nait, il passe tout naturellement à travers le hamac, récupéré par une assistante.

Etonnant, non ? 

Les bébés naissent dans des hamacs !!!

 

LA CEREMONIE DE LA PUBERTÉ

 

Durant ses premières règles, la jeune fille reste seule dans une petite hutte sans toit,( surba) fabriquée pour l’occasion dans la cour de la maison familiale. Elle reste allongée dans son hamac. Les femmes de la famille la baigne constamment d’eau de mer, Cette douche cérémoniale se nomme en kuna l'Inna-mustiki. 

Pendant ce temps, les hommes et les garçons dansent dans les ruelles du village. 

Puis a la fin de cette periode, la jeune fille est enduite du jus extrait du fruit de l’arbre appelé Jagua. Elle sort de sa hutte, le corps entièrement noir, signe pour le village de la maturité sexuelle de cette jeune femme. Elle est prête alors a devenir une femme Kuna dans la pure tradition, à savoir:

  • on lui coupe un peu les cheveux
  • elle reçoit son nom Kuna
  • elle sera prête pour prétendre au mariage

 

LES CANTULES, chanteurs et joueurs de flutes
LES CANTULES, chanteurs et joueurs de flutes

LES CANTULES, chanteurs et joueurs de flutes

La fête de la chicha

La fête de la chicha n'aura pas nécessairement lieu lors de cette première célébration. Selon l'état des finances de la famille, elle pourra être remise à plus tard, ainsi que la coupe de cheveux. 

La fête de la CHICHA est alors donné en son honneur, elle pourra être remise a plus tard en fonction des finances de la famille.

Des danses accompagnées de flutes de bambou  et de maracas de calebasse, résonnent dans une ambiance alcoolisée. Tous les adultes boivent la Chicha fuerte, une boisson alcoolisée à base de canne a sucre fermentée et des chanteurs, nommes "kantule" (un chanteur du village) chante la "dislaigala". C'est une chanson qui raconte les différentes étapes de la cérémonie et qui explique a la jeune fille pourquoi elle est sur terre.

A l’abris des regards des enfants, avant que tout le monde soit trop saoul, 2 kantules installés tête bêche dans un HAMAC, accroché assez haut, est balancé très fort. Dans la tradition, c’est le vent des esprits qui se met a souffler.

LE MARIAGE

UN SACRÉ HAMAC ... LE HAMAC SACRÉ DES INDIENS KUNA

La jeune fille est installé dans un Hamac Traditionnel, au centre de la hutte familiale.

4 hommes vont chercher le jeune prétendant, le portent en traversant tout le village et le jète dans le Hamac Nuptial.

Le hamac est balancé violemment au dessus d’un feu en action, tandis que les kantules entonnent des chants rituels divins.

 

LA CEREMONIE FUNERAIRE

 

UN SACRÉ HAMAC ... LE HAMAC SACRÉ DES INDIENS KUNA
UN SACRÉ HAMAC ... LE HAMAC SACRÉ DES INDIENS KUNA
UN SACRÉ HAMAC ... LE HAMAC SACRÉ DES INDIENS KUNA

Lorsque un Kuna meurt, il est installé chez lui, dans son hamac avec son habit traditionnel. Le chaman et sa famille chantent et pleurent autour de lui pendant 1 ou 2  jours. Des graines de cacao sont brulées dans un petit mortier. 

Puis  2 hommes le transportent dans son hamac jusqu’à la pirogue pour aller au cimetière qui se situe sur le continent. 

Le cimetière ressemble a un petit village où chaque hutte rassemble les membres d’une même famille.

Une tombe est creusé de 6 mètres de profondeur, avec 2 poteaux plantés à ses 2 extrémités pour y accrocher son hamac a l’aide d’une corde.

Le défunt est installé dans son hamac, puis recouvert d’une planche de bois et de la terre jusqu’à former un monticule arrondi comme le ventre d’une femme enceinte. Quelques objets personnels et ceux qui lui tenaient à coeur sont déposés aux alentours de la tombe, ce qui donne une atmosphère de village. 

Les jours suivants, les femmes de la famille viennent donner à boire et à manger a tous ceux qui viennent au cimetière et entretiennent  le site comme leur village.

 

Le défunt est transporté dans son hamac jusqu'au cimetière
Le défunt est transporté dans son hamac jusqu'au cimetière

Le défunt est transporté dans son hamac jusqu'au cimetière

LES HAMACS DU CONGRESO

UN SACRÉ HAMAC ... LE HAMAC SACRÉ DES INDIENS KUNA
UN SACRÉ HAMAC ... LE HAMAC SACRÉ DES INDIENS KUNA

 

C’est à la fois le nom de la plus grande hutte communautaire installée au centre du village ( onmaked nega) et aussi le nom de l’assemblée municipale composée de son chef spirituel et de ses adjoints,( les  Sahilas ), Ils sont choisis pour leur sagesse et leur connaissance des traditions et de la culture Kuna, 

Au centre de la hutte, il y a les hamacs  réservés uniquement aux Sahilas et tout autour, les bancs pour la population.

Chaque jour, en fin d’après-midi, dans la pénombre, se tiennent les réunions publiques. 

Assis à califourchon ou allongés dans leur HAMAC, les Sahilas règlent démocratiquement les problèmes courant du village et transmettent leurs chants  sacrés, traditionnels dans une langue ancestrale.

UN SACRÉ HAMAC ... LE HAMAC SACRÉ DES INDIENS KUNA
UN SACRÉ HAMAC ... LE HAMAC SACRÉ DES INDIENS KUNA

Remerciements  à Michel  Lecumberry  qui m'a offert des photos et m'a donné tous les conseils utiles pour que je puisse me rendre à Mamitupu,et Ailigandi, au sud des îles San Blas afin de rencontrer Pablo, Yacinta et Midalmis (mes hôtes), Arseliano et Adalicia (professeurs de tissage), Diego Madias (Antropologue, thèse sur les kuna)

Pour en savoir plus sur la communauté des indiens KUNA, visitez le magnifique blog de Michel  http://www.sagapanama.fr/, www.facebook.com/michel.lecumberry

Le blog du voyageur au Panama c’est ici : www.sagapanama.fr

Grand merci pour ses photos et illustrations.

Rédigé par Regine CENCI

Publié dans #HISTOIRE & TRADITION, #UTILISATIONS

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